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Peut-on aimer profondément son partenaire et désirer quelqu’un d’autre?

Publié le 10 octobre 2026 · Mis à jour le 14 octobre 2026

Peut-on aimer profondément son partenaire et désirer quelqu’un d’autre?

Vous êtes en couple. Vous aimez sincèrement votre partenaire. Votre relation va bien.

Et pourtant…

Quelqu’un attire votre regard.

Vous remarquez sa façon de sourire. Sa voix. Son assurance. Peut-être ressentez-vous même cette petite tension que vous n’aviez absolument pas prévue.

Puis arrive immédiatement une autre émotion :

la culpabilité.

« Si j’aime vraiment mon partenaire, je ne devrais pas ressentir ça. »

Vraiment?

Pour ce premier Samedi Tabou, posons une question que beaucoup de personnes préfèrent garder pour elles : peut-on aimer profondément quelqu’un et malgré tout éprouver du désir pour une autre personne?

L’amour ne rend pas aveugle

Entrer dans une relation amoureuse ne désactive pas automatiquement notre capacité à remarquer les autres.

Nous continuons de rencontrer des personnes séduisantes, intéressantes, charismatiques ou simplement différentes.

Une attirance peut apparaître spontanément.

Et ce phénomène ne constitue pas nécessairement un jugement sur la qualité de notre couple.

Il est possible d’être heureux dans une relation et de trouver quelqu’un d’autre attirant.

La difficulté commence souvent lorsque nous interprétons cette réaction comme une preuve que quelque chose ne va pas.

Ressentir n’est pas choisir

Il existe une distinction fondamentale entre attirance, désir, intention et action.

L’attirance peut surgir spontanément.

Le désir peut nourrir momentanément notre imagination.

L’intention apparaît lorsque nous envisageons concrètement de faire quelque chose.

Et l’action représente le comportement que nous choisissons finalement d’adopter.

Ces quatre réalités ne sont pas interchangeables.

Remarquer quelqu’un n’est pas avoir une liaison.

Imaginer une situation n’est pas décider de la réaliser.

Éprouver du désir n’est pas automatiquement trahir.

Nos émotions et nos pensées apparaissent parfois sans avoir demandé notre permission.

Nos comportements, eux, nous appartiennent.

Mais est-ce déjà tromper?

Voilà probablement la question qui divise le plus.

Certaines personnes considèrent qu’une attirance extérieure au couple est parfaitement naturelle tant qu’elle demeure dans l’imaginaire.

D’autres peuvent ressentir un véritable malaise simplement à l’idée que leur partenaire fantasme sur quelqu’un d’autre.

Il n’existe pas une définition universelle de l’infidélité applicable à tous les couples.

Certains établissent la frontière au contact physique.

Pour d’autres, certains échanges de messages constituent déjà une transgression.

D’autres encore vivent dans des modèles relationnels où certaines relations avec d’autres personnes sont permises selon des ententes précises.

Ce qui compte est de comprendre où se trouvent les limites de votre propre relation.

Le fantasme possède son propre territoire

Notre imaginaire est immense.

Il peut accueillir des situations que nous ne réaliserions jamais.

Nous pouvons imaginer une personne connue, un inconnu croisé quelques secondes ou même un personnage entièrement inventé.

Cela ne signifie pas nécessairement que nous souhaitons modifier notre relation.

Le fantasme peut simplement offrir un espace où le cerveau joue avec la nouveauté, l’interdit, la curiosité ou une émotion particulière.

Vouloir contrôler chacune de nos pensées peut d’ailleurs produire l’effet inverse : plus nous essayons de ne pas penser à quelque chose, plus cette pensée peut sembler prendre de la place.

Reconnaître un fantasme n’oblige pas à lui donner une suite.

Pourquoi la nouveauté attire-t-elle autant?

Une relation à long terme possède quelque chose d’extrêmement précieux : la connaissance de l’autre.

Nous connaissons ses réactions, son corps, ses habitudes, ses goûts et sa façon de nous aimer.

Mais cette familiarité signifie aussi que certaines choses deviennent prévisibles.

Une nouvelle personne possède exactement la caractéristique inverse : nous ne la connaissons pas.

Notre imagination peut remplir les espaces vides.

Nous projetons.

Nous imaginons.

Nous idéalisons parfois.

Ce n’est donc pas toujours la personne elle-même qui nous attire autant que tout ce que nous ne savons pas encore d’elle.

La nouveauté laisse énormément de place au fantasme.

Quand l’attirance devient une information

Même si une attirance extérieure ne signifie pas automatiquement qu’un couple va mal, elle peut parfois nous apprendre quelque chose.

Qu’est-ce qui m’attire chez cette personne?

Son assurance?

Sa spontanéité?

La façon dont elle me regarde?

Le sentiment d’être désiré?

La nouveauté?

Une énergie que je ne retrouve plus beaucoup dans mon quotidien?

La réponse peut être intéressante.

Pas nécessairement parce qu’elle indique qu’il faut poursuivre cette personne, mais parce qu’elle peut révéler quelque chose que nous aimerions retrouver davantage dans notre propre vie.

Une attirance peut parfois devenir un miroir.

Faut-il tout dire à son partenaire?

Pas nécessairement.

La transparence dans un couple ne signifie pas obligatoirement raconter chaque pensée qui traverse notre esprit.

Certaines personnes aiment pouvoir dire :

« Cette personne est vraiment attirante! »

et en rire ensemble.

Pour d’autres couples, ce genre de conversation provoquerait davantage d’insécurité que de complicité.

Il faut donc distinguer honnêteté et confession permanente.

Avoir un jardin intérieur n’est pas automatiquement cacher quelque chose.

En revanche, lorsque l’attirance commence à influencer nos comportements — messages secrets, rencontres cachées, mensonges ou franchissement des limites établies — nous ne sommes plus simplement dans le territoire privé de la pensée.

Et si le désir devient très fort?

Une attirance passagère disparaît souvent aussi rapidement qu’elle est apparue.

Mais parfois, elle s’installe.

On pense régulièrement à la personne.

On cherche sa présence.

On attend ses messages.

On commence à créer des occasions de la voir.

À ce moment-là, il peut être utile de se demander honnêtement ce que nous sommes en train de nourrir.

Pas avec honte.

Avec lucidité.

Parce qu’un désir peut apparaître spontanément, mais nous pouvons ensuite choisir de lui donner beaucoup d’espace… ou non.

C’est souvent là que la responsabilité personnelle commence.

Être fidèle ne signifie peut-être pas ne jamais désirer

Nous avons parfois une vision très romantique de la fidélité : lorsque nous trouvons la bonne personne, plus personne d’autre ne devrait nous attirer.

Pour certains, cette expérience existe réellement.

Pour beaucoup d’autres, l’engagement ressemble davantage à autre chose.

Voir.

Ressentir.

Parfois imaginer.

Et malgré tout, choisir consciemment les engagements que nous avons pris.

Dans cette perspective, la fidélité ne dépend pas nécessairement de l’absence totale de désir extérieur.

Elle dépend davantage de la manière dont nous décidons de vivre avec ce désir.

La question qui dérange

Alors, peut-on aimer profondément son partenaire et désirer quelqu’un d’autre?

Ces deux expériences ne sont pas nécessairement incompatibles.

Mais cette réponse ouvre une question beaucoup plus intéressante :

Que faisons-nous du désir lorsqu’il apparaît?

Le réprimer?

L’observer?

En rire?

Le transformer en fantasme?

S’en servir pour mieux comprendre ce qui nous manque?

En parler?

Ou décider consciemment de ne pas le nourrir?

La réponse appartient à chacun et aux ententes de chaque relation.

Parce que ressentir quelque chose et décider d’en faire quelque chose sont deux réalités différentes.

Et peut-être que la maturité relationnelle commence précisément là : lorsque nous cessons d’avoir peur de reconnaître nos désirs et que nous devenons capables d’assumer la responsabilité de nos choix.

On ne choisit pas toujours ce qui éveille notre désir. Mais on choisit ce que l’on décide d’en faire.

Et vous?

Est-ce que ressentir du désir pour quelqu’un d’autre constitue déjà, selon vous, une forme d’infidélité?

Ou est-ce uniquement ce que nous choisissons d’en faire qui détermine si une limite a été franchie?

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